DUMOLARD (Henri-François Élisabeth Étienne Dumolard-Orcel, Henri-François)

DUMOLARD (Henri-François Élisabeth Étienne Dumolard-Orcel, Henri-François) 1771-1845

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Biographie

Fils d’un magistrat honorable, mais sans fortune, Dumolard a été privé, à l’âge de quinze ans, par la mort de son père, des moyens de continuer ses études. Il n’a eu d’autre ressource, pour aider sa mère, que le métier de copiste. Dans ses loisirs, il cultivait néanmoins les lettres, étudiait les lois, l’histoire pour se procurer quelques moyens d’existence. Il a été un des secrétaires de l’administration générale de la police en 1789 et 1790, puis défenseur officieux des accusés sous le gouvernement révolutionnaire ; avocat au barreau de la capitale en 1796, ensuite vérificateur au trésor public jusqu’en 1813. Enfin, il s’est fit recevoir avocat à la cour royale de Paris, en 1814.
Le faible revenu de ces postes l’a obligé à écrire pour le théâtre, auquel il avait pris gout dès sa plus tendre enfance en fréquentant le Théâtre-Français, mais ce n’est qu’à trente et un ans que ses travaux de plume lui ont permis de faire représenter son premier ouvrage, pour lequel Alexandre Duval presque seul lui avait donné des encouragements et des conseils, le Philinte de Destouches ou la suite du Glorieux, comédie en cinq actes et en vers, représenté en 1802 au théâtre Molière, et qui a obtenu un succès complet. Son drame de Vincent de Paul, en trois actes et en vers, a également bien été accueilli en 1804 au théâtre Louvois.
Il a fait ensuite jouer La Mort de Jeanne d’Arc, imité de Schiller, au théâtre d’Orléans ; Le Mari instituteur ou les nouveaux époux, en un acte et en vers, à la Porte-Saint-Martin ; et Bon naturel et vanité ou la petite école des femmes, également en un acte et en vers, au théâtre Louvois. La Mort de Bayard, tragédie en trois actes, refusée au Théâtre-Français et reçue en 1812 au théâtre de l’Odéon, n’y a pas été représentée, parce que la censure impériale et le ministre de la police Savary, ont trouvé mauvais que l’auteur donne un beau rôle au connétable de Bourbon, l’accusant de vouloir ainsi ramener une dynastie proscrite. Arrêté, il n’a dû sa mise en liberté qu’au comte Réal. Sous la Restauration, sa pièce, goutée par les ministres et par plusieurs personnages importants, a néanmoins également été refusée au nom de Louis XVIII, par le duc de Blacas, qui en a gardé le manuscrit. Une autre tragédie, Une Journée de la Ligue, en trois actes, a également été mise à l’index, parce que la peinture du caractère de Philippe II pouvait sembler inconvenante, lorsque la France envoyait une armée rétablir en Espagne le pouvoir absolu de Ferdinand VII. Plusieurs autres pièces ont encore été refusées par les administrations théâtrales sous différents prétextes. Il a également donné au Théâtre-Français, en 1809, la Fontaine chez Fouquet, comédie en un acte et en prose, qui a été sifflée.
Tant de contrariétés éprouvées pour ses ouvrages, dans les premiers genres dramatiques, l’avaient déterminé à s’essayer au genre du vaudeville. En 1804, il a fait jouer au théâtre des Jeunes-Élèves Une Heure d’Alcibiade, et à partir de 1805, différentes pièces au Vaudeville et aux Variétés. La perte d’un modique emploi, puis la mort de son fils unique, âgé de dix-huit ans, en 1811, l’ont déterminé à rentrer dans la carrière du barreau, en 1814, après avoir entièrement renoncé à celle du théâtre. Retiré à Montmartre, il a publié, en 1834, une édition de son Théâtre, et il a publié, en 1845, les Entretiens de l’autre monde, piquants récits contemporains bien accueillis du public.

Oeuvres

Théâtre

  • 1803 : Le Philinte de Destouches ou la suite du Glorieux
  • 1804 : Une heure d’Alcibiade (opéra-comique) ; Le Mari instituteur ou les nouveaux époux ; Vincent de Paul
  • 1805 : La Mort de Jeanne d’Arc
  • 1807 : Madame Favart avec Charles-François-Jean-Baptiste Moreau de Commagny
  • 1808. : Les Avant-postes du maréchal de Saxe avec Charles-François-Jean-Baptiste Moreau de Commagny ; Bon naturel et vanité ou la petite école des femmes
  • 1809 : Le Rival par amitié avec Antoine-Pierre-Charles Favart ; Un tour de Colalto avec Charles-François-Jean-Baptiste Moreau de Commagny
  • 1810 : Le Secret de Madame
  • 1811 : L’Exil de Rochester ou la taverne avec Charles-François-Jean-Baptiste Moreau de Commagny ; Les Expédients
  • 1812 : Le Roman d’un jour
  • 1813 : Callot à Nancy
  • 1814 : La Vieillesse de Fontenelle avec Pierre Adolphe Capelle
  • 1834 : Catherine II et Pierre III ; Une journée de la Ligue