DUCANGE (Victor Henri-Joseph Barhain, dit Victor)

DUCANGE (Victor Henri-Joseph Barhain, dit Victor) 1783-1833

Dramaturge.jpg

 

Biographie

Fils de parents belges, son père était journaliste chez Gazette de Leyde et après secrétaire de l’ambassade française en Hollande. Il fut envoyé, fort jeune, à Paris, où il fit de très bonnes études. À sa sortie du collège, quelques années de voyages complétèrent son éducation. De retour à Paris, en 1807, il entra en qualité d’employé dans l’administration du cadastre, et passa ensuite dans celle des douanes. Ayant perdu cette place à la Restauration, il ne demanda plus dès ce moment ses moyens d’existence qu’à sa plume féconde.
Ducange occupa sous l’Empire un emploi au ministère du commerce, mais se consacra surtout à la littérature. En moins de vingt ans, il produisit 60 volumes de romans. Comme il frondait, dans ses ouvrages, imprégnés des idées libérales et dirigés contre le gouvernement ou les congréganistes, les abus de l’Ancien Régime qu’on voulait faire revivre, il s’attira des condamnations politiques. Il fut aussi poursuivi pour l’immoralité de ses écrits, quoique les licences de sa plume n’égalassent pas celles de Pigault-Lebrun. Un petit journal, qu’il publia en 1822, sous le titre du Diable rose, lui attira une condamnation pour injures à l’Académie française.
Le nom de Ducange est surtout resté attaché à ses mélodrames. Le plus célèbre, Trente ans, ou la Vie d’un joueur (Porte-Saint-Martin, 1827), avec Beudin et Goubaux, fut regardé comme une des plus fortes conceptions du genre et, par les nouveautés qu’il introduisait dans le plan et les détails, il a pris date dans la révolution dramatique moderne. Le talent de Frédérick Lemaître en grandit encore le succès, qui s’est soutenu après la mort de Ducange et s’est reproduit à de nombreuses reprises. Jules Janin a dit de l’auteur : « C’était un homme fécond en inventions terribles... Il comprenait à merveille le parterre des boulevards. Il avait pénétré très avant le secret de ses instincts, de ses haines, de ses amours, de ses superstitions et de ses terreurs. Il s’appliqua à mettre dans ses œuvres les seules choses qui épouvantent le peuple : le jeu, l’incendie, la pauvreté, les haillons, l’échafaud et le bourreau... Avec une érudition peu commune, une profonde connaissance et une très grande étude des modèles, Victor Ducange était parvenu, à force de travail, à pervertir complètement sa pensée... Il avait fallu à cet homme plus de soins pour arriver à ce drame bizarre, saccadé, sans transitions, pour se donner ce style heurté, faux et médiocre, qu’il n’en faudrait à un autre pour arriver à un style dramatique correct. »
Les romans de Victor Ducange eurent un grand succès, dus à l’intérêt de l’action dramatique, à la vivacité d’un style quelquefois peu correct, et aux allusions politiques.

Oeuvres

Théâtre

  • 1813 : Palmerin ou le solitaire des Gaules ; Pharamond ou l’entrée des Francs dans les Gaules
  • 1818 : Le Prince de Norvège ou la bague de fer
  • 1819 : Calas ; La Maison du Corrégidor ou ruse et malice ; La Tante à marier ; Le Prisonnier vénitien avec Frédéric Dupetit-Méré
  • 1820 : Thérèse ou l’orpheline de Genève ; Le Colonel et le soldat
  • 1821 : La Suédoise
  • 1822 : Élodie ou la vierge du monastère
  • 1823 : Lisbeth
  • 1824 : Les Diamants
  • 1826 : Mac Doivell
  • 1827 : Trente ans ou la vie d’un joueur
  • 1828 : La Fiancée de Lammermoor ; Polder ou le bourreau d’Amsterdam avec René-Charles Guilbert de Pixérécourt
  • 1829 : Macbeth avec Auguste Anicet-Bourgeois ; Sept heures ou Charlotte Corday avec Auguste Anicet-Bourgeois
  • 1830 : Le Couvent de Tonnington ou la pensionnaire avec Auguste Anicet-Bourgeois ; Le Jésuite avec René-Charles Guilbert de Pixérécourt 
  • 1831 : Il y a seize ans ; La Vendetta ou la fiancée corse ; l’Oiseau bleu avec Antoine Simonnin
  • 1833 : Clète ou la fille d’une reine avec Auguste Anicet-Bourgeois
  • 1835 : Plus de jeudi avec Auguste Anicet-Bourgeois