DE NERVAL (Gérard Labrunie, dit Gérard)

DE NERVAL (Gérard Labrunie, dit Gérard) 1808-1855

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Biographie

Élevé par son oncle maternel, il passa son enfance à Mortefontaine, dans le Valois, dont les paysages servirent d’ailleurs de cadre – à la fois réaliste, folklorique et idéalisé – à la plupart de ses récits de fiction.
À Paris, où il fit ses études au collège Charlemagne, il se lia d’amitié avec Théophile Gautier. Ses premiers textes littéraires étaient des élégies inspirées par l’épopée napoléonienne (Napoléon et la France guerrière, élégies nationales, 1827). En 1828, le poète, qui considérait l’Allemagne comme « notre mère à tous » fit paraître une traduction du Faust de Goethe, qui lui valut d’être félicité par l’auteur lui-même et qui fait encore autorité aujourd’hui (il traduisit le Second Faust en 1840). À la même époque, il se fit journaliste, se lia avec les principaux écrivains romantiques du Cénacle (Hugo, Nodier, Petrus Borel, etc.) et, se mêlant à la bohème littéraire de l’époque, prit une part active, aux côtés de son ami Gautier, à la fameuse bataille d’Hernani.
En 1834, il rencontra l’actrice Jenny Colon, pour laquelle il se prit d’une passion désespérée ; elle lui inspira les figures féminines inaccessibles qui hantent obsessionnellement son œuvre. Désespéré par le mariage de Jenny avec un autre en 1838, Nerval tenta de trouver une consolation dans les voyages, en Allemagne puis en Autriche.
Rentré en France, il eut une première crise d’hallucinations et de délire (1841), au cours de laquelle il associa des images de sa mère disparue à un univers imaginaire dont il se prétendait le souverain. Interné à la clinique du docteur Blanche, de février à novembre, il décrivit cet épisode comme une expérience poétique.
En 1843, il entreprit une visite de l’Orient (Égypte, Liban, Rhodes, Syrie, Turquie) qui inspira la rédaction du Voyage en Orient (1848-1851), qui offre une version romancée de ses pérégrinations. Mais, en proie à des crises de folie de plus en plus rapprochées, il dut être interné à plusieurs reprises (janvier-février 1852, février-mars 1853, août 1853-mai 1854, fin 1854). Il se pendit dans la nuit du 25 décembre 1855.

Oeuvres

Théâtre

  • 1826 : Monsieur Dentscourt ou le cuisinier d’un grand homme ; L’Académie ou les membres introuvables
  • années 1830 : Han d’Islande ; Faust
  • 1830 : Nicolas Flamel
  • 1831 : Lara ou L’Expiation
  • 1837 : Piquillo avec Alexandre Dumas père
  • 1839 : L’Alchimiste avec Alexandre Dumas père ; Léo Burckart avec Alexandre Dumas père
  • 1840 : Le Magnétiseur ; Les Trois ouvriers de Nuremberg
  • 1848 : De Paris à Pékin
  • 1849 : Les Monténégrins avec Jules-Édouard Alboize de Pujol
  • 1850 : Le Chariot d’enfant avec Joseph Méry ; Pruneau de Tours ; La Main de gloire ; La Mort de Rousseau ; Une Nuit blanche
  • 1852 : L’Imagier de Harlem avec Joseph Méry et Bernard Lopez.
  • 1853 : La Fille de l’enfer, Aurore ou Francesco Colonna ; La Polygamie est un cas pendable
  • 1855 : Misanthropie et repentir
  • Corilla ; Dolbreuse ; Jodelet ou l’héritier ridicule ; La Forêt-Noire ou la Margrave ; Le Nouveau genre ou le café d’un théâtre achevée par Arthus Fleury ; Le Prince des sots ; Louis de France ; Panorama