DUGUÉ (Ferdinand)

DUGUÉ (Ferdinand) 1816-1913

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Biographie

Fils de l’avocat Pierre-Joseph Dugué de La Fauconnerie et de Barbe Victoire Thérèse Feron, Ferdinand Dugué est le cousin de Jacques-Claude Dugué d’Assé et l’oncle de Henri-Joseph Dugué de La Fauconnerie.
Après être allé au collège de cette ville, il poursuit ses études à Paris, hébergé à la Pension Landry, où il obtient un accessit au Concours général de 1830. La ville de Chartres organise alors une cérémonie en son honneur à l’Hôtel-de-Ville le 12 septembre 1830 en présence notamment du maire Adelphe Chasles qui lui pose sur la tête une couronne de chêne dorée et du principal du collège de Chartres, l’Abbé Calluet.
Il fut vice-président de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques.
En 1870, il fut désigné comme patriote délégué de la Défense nationale pour le canton nord de Chartres.
Il présida de nombreuses années l’Association des anciens élèves du Collège de Chartres.
En 1870, il doit affronter l’armée prussienne et raconte non sans humour cet épisode : « Le 21 octobre 1870, les Prussiens atteignaient Mainvilliers et bientôt une pluie d’obus et de mitraille s’abattait sur le village. Les obus fouillèrent mon petit parc avec une précision mathématique et s’ils épargnèrent ma maison, ce fut sans doute parce qu’une haute futaie de chêne la masquait aux pointeurs ennemis. J’avais avec moi les quarante gardes nationaux de Mainvilliers. Nous entendîmes plusieurs fois au-dessus de nos têtes des sifflements rapides et comme des violents claquements de fouet. C’est égal, ne puis-je m’empêcher de dire en riant à un de mes voisins, ils obusent de la situation. Soudain la terre vola près de moi et je ressentis une forte commotion : « Monsieur, me cria tranquillement notre clairon, ça vient de s’enfoncer dans le champ de carottes. » Nous dûmes quitter Mainvilliers, les Allemands, lorsqu’ils pénétrèrent dans ma maison, criblèrent mon portrait de coups de baïonnette ; il est toujours dans mon salon, orné de ces grains de beauté. Quelques jours plus tard, je lus dans une feuille prussienne : « Notre glorieuse armée est entrée à Chartres après avoir pris le fort de Mainvilliers. » Ma maison, un fort ! C’est un fort à peu près comme c’est un château ! »
Le 20 septembre 1900, il accueille, à la demande des autorités locales, dans le parc de son château de Mainvilliers (Eure-et-Loir) le président de la République Émile Loubet, venu assister à une revue militaire, pour un déjeuner champêtre.
Interrogé en 1910 par le journal Le Gaulois sur ce qu’il pense du mouvement théâtral contemporain, il répond : « Une seule chose m’étonne, c’est que le théâtre n’ait pas succombé déjà sous les assauts de ses trois plus mortels ennemis, la pornographie, le music-hall et le cinématographe. »
Le 6 décembre 1913, il est mortellement blessé par un tramway boulevard Voltaire.

Oeuvres

Théâtre

  • 1854 : Le Juif de Venise ; Les Amours maudits
  • 1855 : André le mineur
  • 1856 : Le Paradis perdu avec Adolphe d’Ennery
  • 1858 : Les Fugitifs avec Auguste Anicet-Bourgeois
  • 1859 : Cartouche ; La Fille du Tintoret ; Les Pirates de la Savane avec Auguste Anicet-Bourgeois
  • 1861 : Les 32 duels de Jean Gigon ; La Fille des chiffonniers avec Auguste Anicet-Bourgeois ; Le Monstre et le magicien
  • 1862 : La Bouquetière des innocents avec Auguste Anicet-Bourgeois
  • 1863 : France de Simiers  
  • 1864 : Le Château de Pontalec avec Adolphe d’Ennery et Émile Abraham
  • 1865 : Marie de Mancini avec Adolphe d’Ennery
  • 1873 : Ismène
  • 1874 Cocagne avec Auguste Anicet-Bourgeois
  • 1875 ; Les Fugitifs avec Auguste Anicet-Bourgeois
  • 1899 : Les pharaons (grand opéra) avec Charles Grandmougin