DESNOYERS (Louis Claude Joseph Florence, Louis)

DESNOYERS (Louis Claude Joseph Florence, Louis) 1802-1868

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Biographie

Après des études à Autun et à Mâcon, Louis Desnoyers enseigne brièvement les humanités dans le collège que dirige son frère aîné à Autun. Il est un temps clerc d’avoué, étudie le droit, s’occupe de musique. En 1828, il arrive à Paris, s’inscrit en droit, puis se lance dans le journalisme, sa véritable vocation. Ses premiers articles présentés au Globe et au Figaro ne sont pas retenus, car trop subversifs. À une époque où « chaque jour voyait naître une feuille nouvelle » (Eugène de Mirecourt), il décide de fonder, en 1829, son propre journal, le Journal rose, qu’il fait paraître tour à tour sous plusieurs titres (le Sylphe, le Lutin, le Trilby, le Follet) afin d’échapper au cautionnement. Il commence à se faire une réputation par son esprit et sa verve satirique. Avec les autres rédacteurs, il signe la protestation des journalistes parisiens contre les ordonnances du 25 juillet 1830 supprimant la liberté de la presse.
Au lendemain de la révolution de 1830, pour des raisons pécuniaires, il cesse d’écrire et retourne dans son village. L’année suivante, il revient à Paris et collabore au Figaro, au Corsaire (1831), puis La Caricature ; on le retrouve avec la même équipe de rédacteurs au Charivari (fondé en 1832), quotidien satirique illustré opposé au gouvernement de Louis-Philippe. Parallèlement, il signe des chroniques musicales et de variétés pour Le National. Il doit se cacher provisoirement après l’attentat de Fieschi en 1835. En 1836, il est engagé comme directeur littéraire du journal le Siècle nouvellement créé et auquel il ne cessera de collaborer.
Outre son activité dans la presse, Louis Desnoyers s’est illustré en publiant deux romans pour la jeunesse parus d’abord dans le Journal des enfants sous forme de feuilleton : les Aventures de Jean-Paul Choppart (1834, première édition en 2 vol.) et Aventures de Robert-Robert et de son ami Toussaint Lavenette (1839, première édition en 2 vol.). Ces deux ouvrages à succès furent régulièrement réédités au fil des ans et connurent de nombreuses adaptations. Le premier, considéré à l’époque comme « un chef-d’œuvre du genre », fut refondu et augmenté en 1857 sous le titre définitif les Mésaventures de Jean-Paul Choppart. Quant à Robert-Robert, l’auteur lui ajouta un appendice intitulé « Un songe creux de Robert-Robert en 1832 : Paris civilisé », qu’il présente comme le « pendant » à l’épisode lunaire du roman. Dans ce tableau de Paris à la fois prémonitoire et utopique, Louis Desnoyers témoigne de sa vision réformatrice et progressiste de la société.
Il fut également, sous le pseudonyme de Derville, auteur de vaudevilles (dont le Juste Milieu, 1831, Vive le divorce ou ma femme m’adore, 1833), d’essais (De l’opéra en 1847, 1847, Des femmes, 1856), d’un roman intitulé Une femme dangereuse (écrit avec Victor Perceval, 1864), de nouvelles (Comment la gaieté revient aux dames, dans le livre des conteurs, 1833), ainsi que d’une étude décrivant les mœurs de la vie parisienne intitulée les Béotiens de Paris (la première partie était parue dans le livre des Cent-et-un, Paris, Ladvocat, 1831).
Louis Desnoyers a joué un rôle important dans la fondation de la Société des gens de lettres, qui visait à la protection de la propriété littéraire et artistique et la création d’un fonds de solidarité. C’est lors d’une réunion à son domicile, le 10 décembre 1837, que ses statuts furent approuvés par la cinquantaine d’écrivains présents (dont Victor Hugo, Alexandre Dumas, Lamennais). Le 16 avril 1838, se tenait la première assemblée. Desnoyers en fut le vice-président, avant d’être élu président par la suite (en obtenant, notamment, plus de voix que son concurrent Victor Hugo, par 100 voix contre 92).

Oeuvres

Théâtre

  • 1831 : Le Nouveau préfet ou le juste milieu avec Charles Varin et Desvergers
  • 1832 : Les Chemins de fer avec Maurice Alhoy et Étienne Arago
  • 1833 : Vive le divorce ! ou ma femme m’adore avec Laurencin
  • 1836 : Balthasar ou le retour d’Afrique avec Desvergers et Charles Varin