LUCAS (Hippolyte Julien Joseph, Hippolyte)

LUCAS (Hippolyte Julien Joseph, Hippolyte) 1807-1878

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Biographie

Son père était avoué à la Cour d’appel de Rennes. L’enfance d’Hippolyte Lucas fut joyeuse, il fit des études brillantes, commença son droit et vint à Paris, en 1826, pour le terminer. Après ses examens, Hippolyte Lucas retourna à Rennes et se fit recevoir avocat, mais la poésie était née dans son cœur. En 1829, Hippolyte Lucas revint à Paris, où il fréquenta les théâtres « avec une constance héroïque », selon Louis Huart, qui ajoute, « le futur avocat, selon l’usage presque invariable de messieurs les étudiants, n’étudia rien du tout ». Lucas débuta dans la presse, au Globe tout d’abord puis il collabora au Bon Sens, au National, au Charivari et au Siècle. Le poète élégiaque fit avec Boulay-Paty un drame inspiré de Byron, mais il fut refusé comme injouable par l’Odéon ; « composé avant Hernani, cette œuvre nous montre ses auteurs comme précurseurs du Romantisme. Le Carnet historique et littéraire du comte Fleury ». « La vérité est qu’Hippolyte Lucas n’a jamais été romantique », d’après Louis Tiercelin. En réalité le caractère de Lucas, son éducation chrétienne, son progressisme, ses goûts classiques, ses douces élégies en demi-teintes et en nuances, ne le prédisposait pas aux grandes envolées lyriques mais il fréquenta davantage les Romantiques que les Parnassiens, conseillant à Tiercelin de s’éloigner de ces derniers.
La révolution éclata. En juillet 1830, se sont déroulés trois jours de révoltes, les Trois glorieuses où des républicains se levèrent contre Charles X qui sera finalement remplacé par Louis-Philippe. Le Globe devint l’organe du saint-simonisme ; Hippolyte Lucas le quitta et revint à Rennes.
Hippolyte Lucas prend une part active au mouvement littéraire. Il coopère, dans les années 1832-1833, à la Revue de Bretagne, signant la première préface. Chateaubriand, Lamennais, Lamartine, Musset, Fontan, Souvestre, Hello, Brizeux, Boulay-Paty, Édouard Turquety y contribuèrent. Ce fut dans cette revue qu’Hippolyte Lucas popularisa son nom par des portraits et de gracieuses esquisses de mœurs, reproduites par un assez grand nombre de journaux.
En 1834 il revint à Paris et publia le Cœur et le Monde qui connut un grand succès, où l’on retrouve quelques-unes des nouvelles insérées dans la Revue de Bretagne, « La pensée n’est jamais bien forte  disait un critique du Messager, il règne par tous ces vers une certaine monotonie de sentiments doux et purs, mais l’oreille est toujours délicieusement satisfaite. », cité par Charles Robin.
Le jeune fondateur de la Revue de Bretagne vit s’ouvrir les colonnes de plusieurs journaux. Au Bon-Sens. Hippolyte Lucas se lia avec le socialiste Louis Blanc.
En 1836, Hippolyte Lucas publia Caractères et portraits de Femmes ; on le compara à La Bruyère.
À l’époque il écrivait dans Le Charivari (journal satirique), le Bon Sens et le Siècle. Il fit paraitre de nombreux romans. Pour Alice Clark-Wehinger ce fut en 1840, l’un des meilleurs critiques.
En 1842, il aborda le théâtre et connut de nombreux succès dans ses comédies, drames, vaudevilles et opéra-bouffes, associé aux compositeurs Adolphe Adam, Félicien David, Vogel…. Il puisa aussi dans le théâtre anglais et espagnol. Shakespeare, Moore, Lope de Vega, Calderon et Alarcon lui inspirent plusieurs pièces.
Comme historien il publia Histoire philosophique et littéraire du théâtre français en 1843 et Histoire des guerres civiles en 1847.
La candidature d’Hippolyte Lucas à la direction de la Comédie-Française fut mise en avant et appuyée par la presse. Lucas contribua puissamment à la fondation de la Société des gens de lettres et fit partie du premier comité. Il fut Bibliothécaire de l’Arsenal en 1860. Il s’éteint en 1878.
Son fils Léo Lucas entretint sa mémoire et a offert en 1911 les manuscrits de son père à la Bibliothèque de Rennes Métropole (Les Champs Libres), avant de léguer sa bibliothèque et un ensemble de coupures de presse, à sa mort, en 1924. Ce fonds est constitué des manuscrits littéraires d’Hippolyte Lucas, ainsi que d’autres documents écrits et iconographiques, dont treize volumes reliés de la correspondance qu’Hippolyte Lucas entretenait avec des artistes et des musiciens, des textes et partitions d’opéras, d’opéras-comiques et de comédies et des photographies d’auteurs dramatiques, d’acteurs, d’actrices et de danseuses de la période 1852-1875.

Oeuvres

Théâtre

  • 1842 : Une Aventure suédoise ; La Double épreuve ; Bélisaire (opéra)
  • 1843 : Linda de Chamouny ou la grâce de Dieu (opéra) ; L’Hameçon de Phénice ; Maria Padilla (opéra) avec Jacques-François Ancelot
  • 1844 : Champmeslé ;  Le Tisserand de Ségovie ; Le Médecin de son honneur ;
  • 1845 : L’Étoile de Séville (opéra)
  • 1846 : Diable ou Femme
  • 1847 : Mademoiselle Navarre ; La Bouquetière (opéra) ; Le Siège de Leyde (opéra) ; La Couronne de France avec Louis Monrose ; Alceste
  • 1848 : Le Collier du Roi
  • 1849 : Rachel ou la belle juive
  • 1850 : Les Baisers
  • 1852 : Un Mari d’occasion
  • 1853 : Le Ciel et l’enfer avec Eugène Barré ; Betly (opéra)
  • 1854 : L’Esprit familier avec Armand-Numa Jautard ; La Fille mousquetaire avec Armand-Numa Jautard
  • 1855 : Médée ; L’Homme sans ennemis
  • 1859 : C’est l’amour, l’amour, l’amour...
  • 1862 : Lalla-Roukh (opéra-comique) avec Michel Carré
  • 1866 : Fior d’Aliza (opéra-comique) avec Michel Carré
  • 1870 : La Cruche cassée (opéra-comique) avec Émile Abraham
  • 1874 : Les Parias avec Louis Leroy
  • 1896 : Le Duc de Ferrare
  • 1901 : Le Corsaire avec Évariste Boulay-Paty