BOUCHARDY (Joseph)

BOUCHARDY (Joseph) 1810-1870

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Biographie

Fils et frère d’artistes peintres et graveurs, originaires de Lyon, Joseph Espérance Bouchardy est d'abord l’un des meilleurs élèves du graveur anglais Samuel William Reynolds et d'Alexis-François Girard, maîtres de la manière noire. Il se tourna ensuite vers le théâtre et fit partie vers 1830 du groupe de bohèmes dit le « petit-cénacle » avec Gérard de Nerval, Théophile Gautier, Philothée O'Neddy, Xavier Forneret et Charles Lassailly. En 1836, il écrivit deux pièces en un acte en collaboration avec le romancier et auteur dramatique Eugène Deligny. Il composa l’année suivante son premier mélodrame, Gaspardo le pêcheur. Ce fut un succès immédiat, suivi de beaucoup d’autres.
Surnommé « cœur de salpêtre » par Petrus Borel et qualifié par Pierre Larousse de « grand impresario des terreurs du boulevard », Bouchardy « a personnifié, surtout à ses débuts, le drame noir et terrible des anciens jours. [...] Non seulement il possède à fond toutes les ressources qu’il faut pour bien enchevêtrer les charpentes d’une action, faire naître et grandir la curiosité, pousser l’intérêt jusqu’à l’exaspération, mais il croit en son œuvre. » Bien qu’il ait relativement peu écrit, ses pièces lui ont rapporté des « recettes vraiment fabuleuses », non seulement en France, mais aussi en Espagne et dans tous les pays où elles furent traduites et représentées.
Selon Théophile Gautier, tout l’art de Bouchardy consistait à faire paraître tout naturels et tout simples les faits les plus invraisemblables : « La poétique de Bouchardy est basée sur l’exemple suivant : « Toi ici ! Par quel prodige ? mais tu es mort depuis dix-huit mois ?... – Silence ! c’est un secret que je remporterai dans la tombe ! » répond le personnage interpellé ; et l’action continue. Rien n’est plus expliqué que cela. Il faut convenir que les héros de M. Bouchardy sont peu curieux et peu questionneurs de leur nature. Tout cela n’empêche pas Paris le bohémien de former un spectacle d’un intérêt soutenu, et qui vous tient en suspens pendant cinq heures d’horloge. Il y a là-dessous, à travers le fatras et l’incohérence, les boursouflures et le mauvais style, une certaine grandeur, une puissance incontestable et un sentiment poétique très réel. »
Un autre critique rapporte que Gautier, ayant voulu donner un jour un compte rendu complet d’un drame de Bouchardy, « se trouva au bout de dix-huit colonnes avant d’être au bout du prologue ». « Personne, il faut le dire, ne s’entend mieux que lui à serrer les nœuds d’une intrigue, à mener le spectateur jusqu’au dénouement de la pièce, à travers un double et triple imbroglio », dit encore un autre critique7 qui tentait de résumer l’intrigue du Sonneur de Saint-Paul. « C’est une interminable histoire, entrecoupée d’incidents ou d’épisodes sans nombre, une série d’aventures bizarres et sanglantes qui s’ouvre par un coup d’arquebuse, et se termine par un coup de pistolet. »
Joseph Bouchardy est l'oncle du journaliste Georges de Labruyère.

Oeuvres

Théâtre

  • 1836 : Le Fils du bravo avec Eugène Deligny ; Hermann l’ivrogne avec Eugène Deligny
  • 1837 : Gaspardo le pêcheur ; Longue-Épée le Normand
  • 1838 : Le Sonneur de Saint-Paul
  • 1839 : Christophe le Suédois
  • 1840 : Lazare le pâtre
  • 1842 : Paris le bohémien
  • 1843 : Les Enfants trouvés
  • 1844 : Les Orphelines d’Anvers
  • 1845 : La Sœur du muletier
  • 1847 : Bertram le matelot ; Léa ou la sœur du soldat avec Paul Foucher
  • 1849 : Un Vendredi ; La Croix de saint Jacques
  • 1852 : Jean le cocher
  • 1856 : Le Secret des cavaliers
  • 1859 : Micaël l’esclave
  • 1860 : Philidor
  • 1868 : L’Armurier de Santiago