COURTELINE (Georges Moinaux, dit Georges)

COURTELINE (Georges Moinaux, dit Georges) 1858-1929

 

Biographie

Georges Courteline est le fils de l’écrivain et auteur de théâtre Joseph Moineaux, connu sous le nom de plume de Jules Moinaux.
Georges Courteline, né à Tours en 1858, fut, cependant, un authentique enfant de la Butte Montmartre. Fidèle à Montmartre, il alla jusqu’à renier sa déclaration de naissance qui le faisait naître à Tours. Il n’avait que 5 ans, lorsque ses parents, qui l’avaient abandonné à ses grands-parents, à Tours, le firent revenir à Paris. Tous les étés, la famille s’installait dans une villa à Montmartre rue de la Fontenelle puis rue du Chevalier-de-la-Barre. C’est là que se rendaient en visite toutes les célébrités du théâtre du Second Empire et Courteline en garda toute sa vie un souvenir impérissable.
Après ses études au collège de Meaux, il fait son service militaire à Bar-le-Duc en 1879 au 13e régiment de chasseurs à cheval qui lui inspirera quelques-unes de ses célèbres satires. En 1880, il entre au Ministère de l’Intérieur, à la Direction générale des cultes, et se met à écrire sous le pseudonyme de Courteline pour ne pas être confondu avec son père, Jules Moinaux. Dans ses écrits, il prend notamment pour cible les fonctionnaires. Marié, il s’installe au 89 de la rue Lepic.

Petit homme sec, ronchonnant et rouspétant, il descend, tous les jours et à la même heure, la rue Lepic pour se rendre Avenue Trudaine à l’Auberge du Clou qu’il fréquente régulièrement de 1888 à 1893. Là il commande un « précipité », mélange de Pernod et d’anisette. Il corrige des articles destinés à L’Écho de Paris ou joue aux cartes tempêtant, enguirlandant ses partenaires. Mais il se livre aussi à de sacrés canulars…
Ainsi il crée le conomètre, un tube de verre gradué de 10 à 50 rempli d’alcool coloré en rouge et communiquant par un long tuyau en caoutchouc avec le sous-sol. Selon un langage convenu avec Courteline, un compère soufflait plus ou moins fort pour faire monter l’alcool dans le tube. De la sorte chacun, en prenant en main le tube, pouvait connaître son degré de stupidité. Le patron, qui n’était pas au courant de cette supercherie, dut lui aussi passer l’épreuve. Bien entendu l’alcool monta au maximum aspergeant le patron et les clients les plus proches.
Courteline revient quelques années plus tard, mais il y joue au bridge et y consomme des boissons plus légères. Le bistrot fut pendant longtemps son laboratoire, dans lequel il rencontre ses « échantillons de la bêtise humaine ». En 1896, il est, avec Paul Delmet, Millanvoye et Albert Michaut un des quatre fondateurs de la goguette du Cornet.

Georges Courteline se définit lui-même comme un observateur avisé de la vie quotidienne. S’inspirant de ses expériences de militaire, d’employé au ministère des Cultes, d’habitué des cafés parisiens, ou de promeneur solitaire, il s’efforce de retranscrire les petites comédies humaines qui l’entourent en pièces d’un acte, contes ou romans. Il met ainsi en scène des personnages comiques par le contraste qui existe entre leur modeste condition et leur ego très développé. Des fonctionnaires grisés par leur statut, des employés revendicatifs, des maris pleutres ou des dandys fêlés se retrouvent pêle-mêle dans une œuvre magistrale.
Tout le génie de Courteline est de faire rire le public tout en attirant la sympathie et l’indulgence pour ces personnages si vrais et si humains. Il touche ainsi aux sources vives de la comédie en suivant sa définitiondépeindre les mœurs en riant.
La plume de Courteline a la simplicité et la pureté des grands classiques. Elle lui vaut une reconnaissance rapide. André Antoine lui demande d’écrire pour son Théâtre-Libre, Boubouroche entre au répertoire de la Comédie-Française en 1910, et Courteline est élu à l’Académie Goncourt en 1926.

De 1907 à 1923, il a habité au n° 43 avenue de Saint-Mandé et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Sur sa tombe est inscrit cette épitaphe « J’étais né pour rester jeune et j’ai eu l’avantage de m’en apercevoir le jour où j’ai cessé de l’être. »

Oeuvres

Théâtre

Romans

  • 1886 : Les Gaietés de l’escadron
  • 1887 : Le 51e Chasseurs
  • 1888 : Les Femmes d’amis ; Le train de 8 heures 47
  • 1890 : Madelon, Margot et Cie ; Lidoire et Potiron
  • 1893 : Messieurs les ronds-de-cuir ; Les Facéties de Jean de la Butte
  • 1894 : Ah ! Jeunesse ! ; Ombres Parisiennes
  • 1895 : La vie de caserne
  • 1897 : Un client sérieux
  • 1900 : Le commissaire est bon enfant
  • 1905 : Coco, Coco et Toto
  • 1912 : Les Linottes

Opérette

  • 1923 : Les Linottes