MARTAINVILLE (Alphonse)

MARTAINVILLE (Alphonse) 1777-1830

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Biographie

Fils de Louis-Bernard Martainville, courtier spécial de la flotte des Indes au port de Cadix et de Marie-Elfride Dillon, Martainville fut d’abord élève au collège Louis-le-Grand. Fervent royaliste, il était, âgé de 17 ans seulement, rédacteur au Postillon des Armées. Un article ayant critiqué la loi du Maximum, toute l’équipe du journal fut arrêtée et comparut devant le Tribunal révolutionnaire, où il aurait répondu au président Coffinhal qui l’appelle de la sorte : « Alphonse-Louis Dieudonné de Martainville ? », « Pardon, citoyen président, Martainville tout court. Je suis ici pour être raccourci et non pour être allongé ! »
Sous le Directoire, il fait partie, de la jeunesse dorée active lors de la réaction thermidorienne et encensée par le parti réactionnaire. En 1802, il fait partie de la goguette les Déjeuners des garçons de bonne humeur, aux côtés de dix autres chansonniers : Dumaniant, Désaugiers, Étienne, Francis, Gosse, Ligier, Morel, Servières, Sewrin, et trois musiciens : Plantade, Persuis et Piccini fils.
Sous l’Empire, il ne s’occupe que de théâtre. Et aussi de chanson : aux côtés de Carmouche, Frédéric de Courcy, Armand d’Artois, Dusaulchoy de Bergemont et Monperlier, il participe à la goguette des Soupers de Momus, fondée par Pierre-Joseph Charrin en 1813.
En 1814-1815, il commence une activité politique. Partisan inconditionnel de la royauté, rédacteur du Journal de Paris, de la Quotidienne, de la Gazette de France, il ne trouve pas ces journaux assez hardis et fonde en 1818 le Drapeau blanc (2 vol. in-8°). Dans cette publication, il attaque non seulement les ennemis de la monarchie, mais encore les monarchistes et même les ministres trop tièdes à son gré. Traduit plusieurs fois en justice par le ministère public, abandonné par ses lecteurs, il cesse la publication de son journal et se retire des luttes de la politique.
Ses écrits joignent, à l’extrémisme de ses opinions, la verve et l’esprit. Ces traits se retrouvent, unis à une vive gaieté, dans les pièces qu’il donne sur divers théâtres, et qui sont presque toutes des vaudevilles.

Oeuvres

Théâtre

  • 1795 : Le Concert de la rue Feydeau ou l’agrément du jour avec Hector Chaussier ; Les Suspects et les fédéralistes
  • 1797 : Le Dentiste ; Les Assemblées primaires ou les élections ; Noé ou le monde repeuplé
  • 1801 : L’Intrigue de carrefour ; La Banqueroute du savetier
  • 1802 : 1, 2, 3, 4 ou la cassette précieuse ; Arlequin en gage ou Gille usurier ; Pataquès ou le barbouilleur d’enseignes
  • 1803 : Georges le taquin ou le brasseur de l’île des Cygnes avec Charles-Louis Tissot ; Le Duel impossible ; Le Suicide de Falaise
  • 1804 : Une demi-heure de cabaret
  • 1805 : Le Turc de la rue Saint-Denis ou la fausse veuve ; Roderic et Cunégonde ou l’hermite de Montmartre ou la forteresse de Moulinos ou le revenant de la galerie de l’Ouest
  • 1806 : Le Pied de mouton avec Louis-François Ribié
  • 1807 : La Queue du diable avec Louis-François Ribié ; Tapin ou le tambourineur de Gonesse
  • 1808 : La Tête du diable et le flambeau de l’amour avec Louis-François Ribié ; Le Mariage du mélodrame et de la gaîté
  • 1809 : Quelle mauvaise tête ! ou Saint-Foix braconnier
  • 1810 : La Résurrection de Brioché ; Le Marin provençal ; Les Rentes viagères ou la maison de santé
  • 1811 : L’Intrigue à contretemps ou moitié faux, moitié vrai ; Taconnet
  • 1812 : Jean de Passy avec Théophile Marion Dumersan ; Monsieur Crédule ou il faut se méfier du vendredi
  • 1815 : Buonaparte ou l’abus de l’abdication