AUGER (Hippolyte)

AUGER (Hippolyte) 1797-1881

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Biographie

En 1810, à l’âge de quatorze ans, Hippolyte Auger quitte sa Bourgogne natale, avec l’accord de ses parents, pour travailler à Paris. Il est recruté dans un magasin de tissus situé près du Palais-Royal, et qui porte le nom de Mamelouk. Le charme enjoué de cet adolescent opère surtout auprès des hommes. Il fait ainsi des connaissances qui seront déterminantes dans le cours de son existence, par exemple celle d’un compatriote, le bibliophile Alexandre Martineau de Soleinne, dont la collection théâtrale a été décrite en 5 volumes par Paul Lacroix. Sa séduction auprès de soldats russes présents à Paris à la suite de l’abdication de Napoléon en 1814, et notamment son amitié avec l’officier Nikolaï Mikhaïlovitch Evréïnov (1787-1841) lui valent d’être recruté par l’armée du Tsar Alexandre Ier à l’âge de dix-huit ans.
À Saint-Pétersbourg, il se lie avec l’aristocrate Philippe Philippovitch de Wiegel qui lui apportera son soutien durant presque toute sa vie et qui lui permet de faire connaissance de la famille impériale et des membres de la haute noblesse russe. Sa liaison avec Mikhaïl Lounine, lequel veut prendre ses distances avec son père, explique son retour à Paris, en compagnie de cet ami. Mikhaïl Lounine, après plus d’une année passée en France, retourne en Russie pour hériter de la fortune de son père et jouer un rôle politique : Hippolyte Auger, resté à Paris, se trouve dans l’obligation de gagner sa vie. Il écrit des pièces de théâtre, puis entre au service d’un riche diplomate écossais, William Drummond (1770-1828), en poste en Italie.
De retour en France, il se lie avec des saint-simoniens dont Hippolyte Carnot et Philippe Joseph Benjamin Buchez et prend une part active à leurs conférences. C’est par la production éditoriale de ce groupe qu’il est amené à rencontrer Honoré de Balzac, alors imprimeur. Il remporte de nombreux succès au théâtre, jusqu’à ce que ses conceptions éducatives de l’écriture théâtrale heurte la puissante Société des auteurs, qui souhaite que les pièces ne soient que divertissantes. Hippolyte Auger choisit de retourner en Russie, autour d’un projet d’écriture : la réfutation, soutenue par le tsar, du célèbre ouvrage d’Astolphe de Custine, La Russie en 1839. Ce prétexte est finalement abandonné, mais Auger séjournera encore quelque temps à Saint-Pétersbourg.
Il passe les dernières années de sa vie tantôt à Paris, tantôt sur la Côte d’Azur. À Toulon, il se lie avec un juge de paix érudit et bibliophile, Alexandre Mouttet (1814-1901), qu’il charge de faire paraître ses Mémoires, publiées de manière posthume en 1891.

Oeuvres

Théâtre

  • 1832 : Les Mœurs et la loi ; Une Séduction avec Jacques-François Ancelot
  • 1836 : La Folle avec Charles Desnoyer ; Pierre le Grand avec Charles Desnoyer
  • 1837 : Le Corrégidor de Séville ; Pauvre mère ! avec Francis Cornu ; Treize à table ou un pique-nique avec Pierre Tournemine
  • 1838 : Mademoiselle Bernard ou l’autorité paternelle ; Marcel ou l’intérieur d’un ménage ; Percepteur il y a vingt ans
  • 1840 : L’Enfant prodigue
  • 1842 : Benoît ou les deux cousins
  • 1851 : Livre III, Chapitre 1er avec Eugène Pierron