GUILBERT DE PIXÉRÉCOURT (René-Charles)

GUILBERT DE PIXÉRÉCOURT (René-Charles) 1773-1844

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Biographie

René-Charles Guilbert de Pixerécourt est issu d’une famille lorraine, anoblie par Léopold Ier, duc de Lorraine, en 1712. En juin 1791, René-Charles abandonne les études de droit et doit partir de Nancy pour rejoindre l’armée des Princes à Coblence. Il arrive à Paris en novembre 1792. Lors des dénonciations au Comité de salut public, il ne devra son salut qu’à la protection de Carnot dont il sera pour près de deux ans, au ministère des Armées, l’un des secrétaires. Il obtient peu après deux emplois, à la fois dans l’administration des Domaines et celle de l’Enregistrement (en 1800), où il reste trente ans et qui lui permettent, surtout à ses débuts, de persévérer dans son ambition théâtrale. Il assure également la direction du Théâtre royal de l’Opéra-Comique, de 1824 à 1827 selon François-Joseph Fétis et celle du Théâtre de la Gaîté, de 1825 à 1835.
Pendant près de 40 ans, il soutient une intense activité d’auteur, de direction de théâtres et d’inspecteur zélé de l’Administration. Son immense talent d’auteur dramatique le fait surnommer le « Corneille des Boulevards ». Paul Lacroix rappelle que Charles Nodier le mettait au premier rang des auteurs de son temps. Sa réputation dépasse alors les frontières : Russie, Allemagne, Angleterre… Ses succès lui permettent de s’adonner à la grande passion de sa vie : enrichir peu à peu des livres les plus rares sa chère bibliothèque. Le distique inscrit au-dessus de la porte était : « Tel est le triste sort de tout livre prêté : Souvent il est perdu, toujours il est gâté. » et sa devise (souvent copiée) inscrite en ex-libris était : « Un livre est un ami qui ne change jamais ».
Vers 1838, délaissant sa « campagne » parisienne de Fontenay-sous-Bois, maison qui nous reste connue par une gravure de Jean-Jacques Champin et ayant précédemment appartenu à son ami, le compositeur Nicolas Dalayrac, dont il avait établi une biographie et le catalogue complet des œuvres, il se retire à Nancy, sa ville natale — il est possible que ce soit dans sa propriété de Haussonville, « le seul bien que m’ait laissé ma famille » — où, très affaibli, il s’occupe de l’édition de ses œuvres. Son Théâtre choisi paraît à Nancy, en 4 tomes, de 1841 à 1843. Il fait aussi publier le Catalogue de sa bibliothèque à Saint-Nicolas-de-Port. Il possédait, en effet, plus de 4 000 volumes précieux – que désormais il ne peut plus guère ni lire, ni admirer –. Devenu impotent et complètement aveugle, il meurt à 71 ans.
Il fut chevalier de la Légion d’honneur et un des huit membres fondateurs de la Société des Bibliophiles français.

Oeuvres

Théâtre

  • 1798 : La Forêt de Sicile (drame lyrique)  Le Château des Apennins ou le fantôme vivant ; Les Petits Auvergnats ; Victor ou l’enfant de la forêt
  • 1799 : Léonidas ou les Spartiates (Opéra) ; Zozo ou le malavisé
  • 1800 : Cœlina ou l’enfant du mystère ; La Soirée des Champs-Élysées ;Le Petit page ou la prison d’état
  • 1801 : Flaminius à Corinthe (opéra) avec L.-T. Lambert ; L’Homme à trois visages ou le proscrit ; Le Chansonnier de la paix avec L. T. Lambert et Anne-Adrien-Firmin Pillon-Duchemin ; Le Pèlerin blanc ; Le Vieux major avec François-Pierre-Auguste Léger
  • 1802 : La Femme à deux maris ; La Peau de l’ours avec L.-T. Lambert ; Pizarre ou la conquête du Pérou ; Raymond de Toulouse ou le retour de la Terre Sainte (drame lyrique)
  • 1803 : Les Deux valets ; Les Mines de Pologne
  • 1804 : Avis aux femmes ou le mari colère ; Le Grand chasseur ou l’île des palmiers avec Joseph-Marie Loaisel de Tréogate ; Les Maures d’Espagne ou le pouvoir de l’enfance ; Tékéli ou le siège de Mongatz
  • 1805 : La Forteresse du Danube ; Robinson Crusoé
  • 1806 : Koulouf ou les Chinois (opéra-comique) ; Le Solitaire de la Roche noire
  • 1808 : L’Ange tutélaire ou le démon femelle
  • 1809 : La Citerne ; La Rose blanche et la rose rouge (drame Lyrique)
  • 1810 : La Fille de l’exilé ou huit mois en 2 heures ; Les Ruines de Babylone ou Giafar et Zaïda ; Les Trois moulins avec Jean-Baptiste Dubois ; Marguerite d’Anjou
  • 1811 : Le Berceau ; Le Précipice ou les forges de Norvège
  • 1812 : Le Fanal de Messine ; Le Petit carillonneur ou la tour ténébreuse
  • 1813 : L’Ennemi des modes ou la maison de Choisy
  • 1814 : Charles le Téméraire ou le siège de Nancy ; Le Chien de Montargis ou la forêt de Bondy
  • 1815 : Christophe Colomb ou la découverte du Nouveau Monde
  • 1816 : Le Monastère abandonné ou la malédiction paternelle ; Le Suicide ou le vieux sergent
  • 1818 : La Chapelle des bois ou le témoin invisible avec Michel-Nicolas Balisson de Rougemont ; Le Belvèder ou la vallée de l’Etna ; Une Visite de Madame de La Vallière ou la disgrâce de Benserade
  • 1819 : Bouton de rose ou le pêcheur de Bassora ; Les Chefs écossais
  • 1821 : Le Mont sauvage ou le solitaire ; Valentine ou la séduction
  • 1822 : Ali-Baba ou les quarante voleurs ; Le Château de Loch-Leven ; Le Pavillon des fleurs ou les pêcheurs de Grenade
  • 1824 : La Place du palais
  • 1827 : La Tête de mort ou les ruines de Pompéïa ; Les Natchez ou la tribu du serpent
  • 1828 : Guillaume Tell avec Benjamin Antier ; La Muette de la forêt avec Benjamin Antier ; La Peste de Marseille avec Jean-Baptiste Pellissier ; Polder ou le bourreau d’Amsterdam avec Victor Ducange
  • 1829 : L’Aigle des Pyrénées avec Mélesville
  • 1830 : Le Jésuite avec Victor Ducange ; Ondine ou la nymphe des eaux avec Thomas Sauvage
  • 1831 : L’Oiseau bleu
  • 1832 : L’Abbaye aux bois ou la femme de chambre avec Lubize ; Le Petit homme rouge avec Nicolas Brazier et Pierre Carmouche
  • 1833 : L’Allée des veuves ou la justice en 1773 ; Les Quatre éléments avec Nicolas Brazier et Théophile Marion Dumersan
  • 1834 : Latude ou trente-cinq ans de captivité avec Auguste Anicet Bourgeois ; Valentine ou le Château et la ferme avec Francis Cornu
  • 1835 : Analyse de Latude ou La captivité de ce prisonnier célèbre à la Bastille avec Anicet Bourgeois ; Masers de Latude ou trente-cinq ans de captivité avec Anicet Bourgeois
  • 1838 : Bijou ou l’enfant de Paris avec Nicolas Brazier et Félix-Auguste Duvert
  • 1843 : Le Chevalier de St Jean