GABORIAU (Étienne Émile, Émile)


GABORIAU (Étienne Émile, Émile) 1832-1873

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Biographie

Fils de Charles Gaboriau, receveur de l’Enregistrement et des Domaines, et de Stéphanie Magistel, Émile naît le 9 novembre 1832 à Saujon. Il connaît une enfance marquée par les déménagements au gré des mutations de son père. Après Saujon, il y a Saint-Pierre d’Oléron puis La Rochelle où naît sa sœur Amélie, Tarascon et Saumur.
Peu intéressé par ses études ou éprouvant des difficultés, Gaboriau ne se présente pas au baccalauréat après avoir connu le collège de Tarascon puis le pensionnat du Petit Séminaire d’Aix-en-Provence et le collège de Saumur.
Il exerce divers métiers : clerc d’avoué, hussard en Afrique, chef d’écurie. À la mort de sa mère, en 1851, il s’engage dans la cavalerie pour sept ans, mais résilie son contrat en 1853. Après une nouvelle expérience de clerc de notaire, il gagne Paris en 1855 où il exerce à nouveau divers métiers. Dans une maison de roulage, secrétaire d’un chimiste anglais puis d’un magistrat, il donne des cours de latin et reprend ses études, en droit et en médecine. À partir de 1858, il rédige des chroniques dans différents journaux pour gagner sa vie. Il devient le secrétaire de Paul Féval, qui lui fait découvrir le journalisme. C’est d’ailleurs grâce à l’auteur des Mystères de Londres qu’il est reçu en 1866 au sein de la Société des gens de lettres.
L’Affaire Lerouge, qui n’est pas son premier roman puisqu’il y a déjà eu La Marquise de Brinvilliers (1861) et Les Petites Ouvrières (1863) notamment, est d’abord publié sans succès sous forme de feuilleton en 1865 dans Le Pays. Il devient très populaire en 1866 lorsqu’il est repris dans le journal Le Soleil puis par Le Petit Journal. La coopération de Gaboriau avec le directeur du quotidien à un sou Moïse Polydore Millaud lui permet de bénéficier des rouages de la réclame pour accéder à la notoriété. Dans son premier roman judiciaire, l’auteur met en scène le Père Tabaret, dit Tirauclair, et introduit l’agent de la sécurité Lecoq, qui deviendra un commissaire célèbre et le personnage principal des romans suivants. Se démarquant du chef de la sûreté François Vidocq, à l’origine du Vautrin de Balzac, il est le modèle du détective ingénieux qui, n’hésitant pas à se travestir, résout des énigmes par ses capacités déductives hors normes, à la manière du Chevalier Dupin d’Edgar Allan Poe. Ce dernier personnage devait inspirer Conan Doyle et Maurice Leblanc. Mais, à la différence de Sherlock Holmes, les enquêtes de Lecoq reposent sur des investigations plus réalistes, plus proches des progrès de la police scientifique de l’époque. Les romans policiers de Gaboriau font pénétrer l’intrigue dans les milieux sociaux, qu’ils décrivent d’une manière qu’on peut qualifier de « naturaliste ». En cela, l’influence de Gaboriau sur le roman policier français reste très importante. Ses analyses psychologiques très fines (Le Crime d’Orcival) ont inspiré jusqu’à Georges Simenon.
Après le succès de L’Affaire Lerouge, Gaboriau travaille comme feuilletoniste au Petit Journal. Les feuilletons sont par la suite publiés en volumes chez Édouard Dentu. En 1872, il écrit avec Jules-Émile-Baptiste Holstein une pièce de théâtre tirée de L’Affaire Lerouge.
De santé fragile, Gaboriau meurt d’une infection pulmonaire dans la nuit du 28 au 29 septembre 1873.

Oeuvres

Théâtre

  • 1869 : L’Honneur du nom avec A. d’Albert et Alphonse Pagès
  • 1872 : L’Affaire Lerouge avec Jules-Émile-Baptiste Holstein