GHEUSI (Pierre-Barthélemy)


GHEUSI (Pierre-Barthélemy) 1865-1943

Gheusi.jpg

 

Biographie

Il connu aussi sous le pseudonyme de Norbert Lorédan.
Fils d’un banquier, cousin éloigné de Gambetta (dont il publiera la correspondance), Pierre-Barthélemy Gheusi fait ses études au collège de Castres, où il rencontre Jean Jaurès, son aîné de six ans, élève des grandes classes (jusqu’en 1876), et se lie d’amitié avec le médecin et érudit François de Vesian. Il part à Toulouse faire ses études de droit.
En 1887-1888, à l’instigation de Laurent Tailhade, il collabore à la revue Le Décadent d’Anatole Baju, sous le pseudonyme de Norbert Lorédan mais sa carrière littéraire peine à décoller, malgré les recommandations d’Émile Zola et de Catulle Mendès.
Gheusi tâte un peu de politique dans le camp républicain en faisant la campagne électorale de Jaurès aux élections législatives de 1889 à Castres. Puis il choisit d’entrer dans l’administration et devient, grâce à l’appui de Léon Bourgeois, chef de cabinet du sous-préfet de Reims. S’ennuyant en province, il obtient rapidement sa mutation à Paris. Pendant les années qui suivent, le Gouvernement fait sporadiquement appel à lui. En 1897, Ernest Constans l’envoie en tournée d’inspection des écoles chrétiennes en Palestine. Après un bref passage au Ministère des Colonies en 1906, auprès de Georges Leygues, comme lui originaire du Sud-Ouest de la France, il est chargé par le Toulousain Jean Cruppi, alors ministre français des Affaires étrangères, de travailler en 1911 au rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Venezuela.
En 1894, il épouse Adrienne Willems, nièce du peintre Florent Willems et fréquente, aux côtés de nombre d’autres libre-penseurs et francs-maçons, la Luscrambo, société regroupant les Toulousains de Paris, fondée par l’artiste lyrique et plus tard directeur de l’Opéra, Pedro Gailhard.
Son roman Gaucher Myrian, écrit en collaboration avec l’érudit bordelais Anatole Loquin et publié en 1893, atteste de son intérêt pour le catharisme. En 1906, on le verra d’ailleurs membre de l’Église gnostique catholique, qui s’en veut la continuation, aux côtés de Léonce-Eugène Fabre des Essarts et de Gabriel Fauré.
En 1897, Arthur Meyer lui confie la direction du supplément littéraire illustré du Gaulois qui vient d’être créé sous le titre Le Gaulois du dimanche. En 1899, il rachète La Nouvelle Revue à Juliette Adam. Sous sa direction, ce périodique connaîtra une période particulièrement brillante.
À Paris, il réside 4 rue Saint-Florentin. En 1911, il acquiert aux enchères « avec une douzaine d’amis réunis en société civile » le château du baron de L’Espée, à Ilbarritz, près de Biarritz, dont il recommanda le séjour, par l’intermédiaire de son notaire biarrot, au couple Deschanel en quête d’un lieu de repos ; il envisagea d’y créer un golf, mais la première guerre mondiale interrompt les travaux et il transforme la demeure en hôpital pour les blessés rapatriés du Front. Lui-même servira comme officier d’ordonnance de Gallieni à qui il consacrera de nombreux livres.
Pedro Gailhard l’avait appelé à ses côtés à la direction de l’Opéra en 1906 et, en 1914, il avait enfin obtenu la direction de l’Opéra-Comique, dont il rêvait depuis longtemps. Il en est brutalement remercié en 1918 par son ennemi juré Clemenceau. Après un court passage à la direction du Théâtre Lyrique du Vaudeville (1919-1920), il entre comme rédacteur au Figaro et ne tarde pas à y être promu directeur-administrateur. Il défend la mémoire de Gambetta et de sa compagne Léonie Léon dans les colonnes du Figaro, lors d’une polémique avec Léon Daudet à propos de son roman, Le Drame des Jardies. Dans cette période de direction du quotidien, il est notamment chargé par le nouveau propriétaire, François Coty, d’organiser la fusion avec le journal avec Le Gaulois en 1929, avant d’être congédié en 1932.
C’est alors qu’Anatole de Monzie, ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, le nomme à nouveau à la direction de l’Opéra-Comique qui est au bord du gouffre financier. Gheusi n’hésite pas à renflouer le théâtre de ses propres deniers, mais le personnel le contraindra à la démission au moment des grèves de 1936.

Oeuvres

Théâtre

  • 1888 : La Fée aux roses (saynète)
  • 1890 : Konrad Wallenrod (drame lyrique) ; Rayon d’onyx
  • 1895 : Le Carillon (opéra) avec Jules Méry ; Damayanti (légende lyrique) ; Ermessinde (opéra) ; Guernica (drame lyrique)
  • 1896 : Carloman (drame lyrique)
  • 1897 : Kermaria ; Faublas ( opéra)
  • 1898 : La Cloche du Rhin (drame lyrique) avec Georges Montorgueil
  • 1900 : Le Comte Roger avec Édouard Noël ; Le Juif polonais (conte poulaire) avec Henri Cain
  • 1901 : Les Barbares (tragédie lyrique) avec Victorien Sardou
  • 1902 : Orsola (drame lyrique)
  • 1904 : Trilby avec Charles Lomon ; Çanta (tragédie lyrique) avec J. Fonville
  • 1905 : Fiorella (comédie lyrique) avec Victorien Sardou
  • 1907 : Chacun sa vie avec Gustave Guiches
  • 1910 : Le Miracle (drame lyrique) avec André Mérane
  • 1931 : Perkain (drame lyrique)