PHILIPPE (Édouard Sylvain Philippe, Édouard)


PHILIPPE (Édouard Sylvain Philippe, Édouard) 1840-1920

Dramaturge.jpg

 

Biographie

Il est le fils d’un joaillier originaire de Metz, dont le nom a été donné, par décret du 30 janvier 1891, à une rue de Bois-Colombes (Seine), commune dont il a été le bienfaiteur.
Édouard Philippe fit ses études à l’école Turgot. Destiné d’abord au commerce, il débuta dans la maison d’orfèvrerie Christofle et dirigea un de ses plus importants dépôt, pendant douze années.
Ses goûts artistiques l’entraînant vers la musique,  Philippe, comme directeur des « Enfants de Paris », conduisit le célèbre chœur d’Adolphe Adam sur la scène de la Comédie-Française, à l’occasion du centenaire de Napoléon Ier, en 1869. Secrétaire de la presse musicale, l’impresario Maurice Strakosch lui confia, à cette même époque l’organisation et la direction d’une tournée artistique en France, qui comprenait l’Alboni, Antoine Rubinstein et Vieuxtemps. Plus tard, avec  O. Lami, il fonda la « Fédération des Sociétés musicales de France », dans une solennité où trois mille hommes exécutèrent, dans la cour carrée du Louvre, sous la direction de Édouard Colonne, la Fédérale de  Massenet, en présence de Sadi Carnot, président de la République.
Pendant la guerre de 1870,  Philippe s’était engagé comme volontaire dans la légion bretonne formée à Rennes ; il fit la campagne complète des Vosges et de la Loire et passa en Suisse avec l’année de Bourbaki. Pendant son internement à Fraunfeld (Thurgovie), il fit élever un monument de granit aux soldats morts de sa légion. Cité à l’ordre du jour et promu lieutenant par le général Cambriels, sa nomination fut ratifiée par le ministre de la Guerre. Proposé pour la croix par le général Clinchant, pour sa belle conduite sous les forts de Joux durant la retraite de l’armée française, il ne reçut cette distinction qu’en 1886, sur la proposition du général Faidherbe, grand-chancelier de la Légion d’honneur.
Licencié le 16 mars 1871, le lieutenant Philippe alla à Épinal, chercher, pour le rapporter à Mgr de Saint-Marc, évêque de Rennes, qui le lui avait confié, le drapeau qu’il y avait caché pendant l’occupation allemande ; puis il rentra d Paris, où, pendant la Commune, il préserva d’une explosion l’administration des Télégraphes et sauva de la destruction les 300 dépêches de la guerre envoyées par pigeons dans Paris pendant le siège. Ces faits, quinze ans plus tard, furent rappelés et hautement loués dans une lettre des plus flatteuses que lui adressa le ministre des Postes le 14 avril 1886.
De 1872 à 1882,  Philippe fut administrateur et rédacteur de la Revue et Gazette musicale, fondée par Fétis et publiée par les éditeurs Brandus ; il succédait à Édouard Monnais.
Comme auteur dramatique, il a produit 75 actes de théâtre représentés à Paris. Ses principaux succès sont : les légendaires Boussigneul, qui ont eu plus de 8.000 représentations en Europe et ont été traduits dans plusieurs langues ; les drames judiciaires de Casque-en-Fer et Casse-Museau ; Kléber, drame militaire ; la Fée Cocotte, féerie ; Babel-Revue, etc. Il a écrit ses pièces en collaboration avec Édouard Cadol, Burani, L. Péricaud, G. Mirot, Frébault, Georges Duval, Wertheimber, Jonathan et les musiciens Charles Lecocq, Raoul Pugno, Emile Bourgeois, Georges Jacobi, Louis Varney. Il est l’auteur, en outre, de vingt saynètes et monologues écrits avec  Louis Bridier.
Philippe a écrit au Voltaire, à l’Evènement et à l’Illustration. Pour ces journaux, il a accompagné le président Carnot dans tous ses voyages officiels. Il a été attaché, comme secrétaire général, aux théâtres de la Renaissance et des Bouffes-Parisiens.
Philippe s’est consacré tout particulièrement aux œuvres de sauvetage. Secrétaire-général rapporteur des Sauveteurs de la Seine, puis vice-président, il remplit l’intérim de la présidence de cette société entre le général Azais et  le sénateur H. Gomot, ancien ministre. Il est détenu le président d’honneur de cette société et de celle des Sauveteurs médaillés de Seine-et-Oise. Après avoir accompli, durant son existence, divers sauvetages périlleux, il se distingua tout particulièrement à l’incendie du théâtre de l’Opéra-Comique (1887) et le ministre de l’Intérieur lui décerna, sur la proposition du préfet de Police, la médaille d’or du gouvernement.
Lors de l’Exposition universelle de 1889, il fut secrétaire de la section XII de l’économie sociale.
Mandataire de la famille George Sand pour les œuvres théâtrales, il a fait don aux bibliothèques de l’Opéra et du Conservatoire de Musique des souvenirs précieux, qui sont exposés et catalogués. Il a également enrichi, aux Invalides, le musée de l’Armée, d’un curieux et rare soutenir de la guerre de 1870.
Membre titulaire de la Société des Auteurs dramatiques et des Auteurs-Compositeurs, il fait partie de l’Association des Journalistes parisiens et de celle des Artistes musiciens. Il est chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’Instruction publique, chevalier de l’ordre d’Isabelle d’Espagne et titulaire, outre se médaille d’or du gouvernement, de la croix des Ambulances de la Guerre.

Oeuvres

Théâtre

  • 1879 : Babel-Revue avec Paul Burani
  • 1880 : Risette et Durandeau ; Casque en fer avec Louis Péricaud ; Les Boussigneul avec Gaston Marot et Alfred Poullion
  • 1881 : La Fée Cocotte avec Gaston Marot ; Le Criminel malgré lui avec Gaston Marot ; Casse-Museau avec Gaston Marot et Léon Marx
  • 1882 : Kléber avec Gaston Marot
  • 1883 : On demande un quatorzième ! avec Gaston Marot ; La Clairon (opéra-comique) avec Gaston Marot et Élie Frébault
  • 1884 : Les Millions du Polonais avec Gaston Marot et Léon Jonathan ; À la course (opérette) avec Louis Bridier ; La Bagasse avec Cadol et Duval
  • 1887 : Les Grenadiers de Mont-Cornette (opéra bouffe) avec Daunis et Lucien Delormel
  • 1889 : La Petite Duchesse
  • 1891 : La Dame aux Tulipes avec Louis Péricaud
  • 1894 : Le Gamin de New-York avec Wertheimber et Vider