PARADIS DE MONCRIF (François-Augustin de)


PARADIS DE MONCRIF (François-Augustin de) 1687-1770

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Biographie

Issu d’une famille d’origine écossaise, François-Augustin (de) Paradis de Moncrif offrait le type achevé de l’homme du monde du XVIIIe siècle : de figure avenante, de manières agréables et de beaucoup d’esprit, il fut d’emblée recherché dans les cercles les plus aristocratiques, où l’introduisirent ses qualités d’escrimeur, et où il se fit une place par ses multiples talents. À la fois poète, musicien et bon acteur, on le prisait notamment pour ces divertissements de société qui étaient alors à la mode. Courtisan accompli, il savait se montrer dévot avec la Reine à Versailles et enjoué et plein d’entrain à la ville. Mais il avait aussi du cœur et le montra à son ancien protecteur, le comte d’Argenson, lorsque celui-ci fut disgracié en février 1757, ainsi qu’aux membres pauvres de sa famille, qu’il soutint généreusement.
Protégé du Grand Prieur d’Orléans, du duc de La Vallière et du comte de Maurepas, il fut d’abord secrétaire du comte d’Argenson, puis secrétaire des commandements du comte-abbé de Clermont, lecteur de la reine Marie Leszczyńska (1734) et enfin secrétaire général de l’administration des Postes, fonctions qu’il occupa jusqu’à sa mort en 1770.
L’ouvrage le plus célèbre de Moncrif est son Histoire des Chats (1727). Il y prend la défense du chat à travers des références historiques, notamment à l’ancienne Égypte, qui se veulent érudites et constituent en réalité un pastiche de la pédanterie. Un certain nombre de lecteurs et de critiques ne discernèrent pas l’intention satirique et l’ouvrage, obscur et maniéré, fut très violemment attaqué. Un plaisantin lâcha un chat dans la salle des séances de l’Académie française le jour de la réception de Moncrif, et Voltaire appela ce dernier l’« historiogriffe ». En définitive, l’auteur renia son ouvrage en disant que : « Dans cet écrit, mauvais en soi, l’esprit n’était qu’un tort de plus. »
Moncrif a, par ailleurs, collaboré au Journal des Savants (1739-1743). Il a composé des poésies fugitives, qui sont parmi ses meilleures œuvres, ainsi que des chansons et des romances genre dans lequel, selon Grimm, il eût été le premier s’il s’y était consacré exclusivement.
Moncrif fut imposé à l’Académie française par le duc d’Orléans et le comte de Clermont en 1733. L’Académie fut très critiquée pour l’avoir élu. Moncrif soutint notamment l’élection de Voltaire. Il fut également membre de l’Académie de Berlin.

Oeuvres

Théâtre

  • 1719 : La Fausse magie (Comédie)
  • 1722 : L’Oracle de Delphes (Comédie héroïque)
  • 1730 : L’Amant cauchemar (Parade)
  • 1732 : Les Abdérites (Comédie)
  • 1733 : L’Empire de l’amour (Ballet)
  • 1741 : Les Demi-dieux ou Linus (Pastorale)
  • 1745 : Zélindor, roi des sylphes (Prologue)
  • 1747 : Ismène (Pastorale) ; Persiflès (Tragédie) avec Nicolas Racot de Grandval
  • 1748 : Isis et Oziris (Ballet) ; Le Coq-à-la-nax (Tragédie amphigourique) ; Almasis (Ballet) ; Les Surprises de l’amour (Prologue) avec Pierre Joseph Bernard ; L’Opérateur chinois ou le père respecté (Pantomime)
  • 1751 : Le Trophée (Prologue) ; Les Génies tutélaires (Divertissement)
  • 1753 : La Sibylle (Ballet) ; La Coquette trompée (Comédie lyrique) avec Charles-Simon Favart
  • 1758 : Les Fêtes d’Euterpe (Ballet) avec Pierre Nicolas Brunet Debaines, Antoine Danchet et Charles-Simon Favart
  • 1765 : Erosine (Pastorale héroïque)
  • 1766 : Les Fêtes lyriques (Ballet héroïque) avec Michel de Bonneval et Louis de Cahusac
  • 1768 : La Reine de Circassie (Ballet) ; Les Âmes réunies ou la métempsycose (Ballet)
  • Alcide et Omphale (Ballet) ; Carité et Erostes (Opéra)
  • Le Rajeunissement de Titon (Pièce) ; Le Sylphe (Opéra) ; Grisette (Comédie)