SILVESTRE (Armand ou Paul-Armand)

SILVESTRE (Armand ou Paul-Armand) 1937-1901

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Biographie

Fils d’un magistrat parisien, il est d’abord destiné à la magistrature. Mais l’étude des mathématiques le conduit à l’École polytechnique, dont il sort, en 1859, officier du génie, après avoir publié quelques mémoires scientifiques. Il quitte rapidement la carrière militaire et se consacre à la littérature.
À partir de 1866, il publie des recueils de vers. Il figure également dans Le Parnasse contemporain (1869 et 1876). Comme critique d’art et de théâtre, Il collabore activement à des journaux tels que l’Opinion nationale, le Journal officiel, L’Estafette et la Grande Revue de Paris et de Saint-Petersbourg.
En 1869, il entre au ministère des finances. Il devient sous-chef au bureau de la bibliothèque et des archives.
Pendant la guerre de 1870-1871, il reprend du service et fait la campagne comme capitaine.
En 1879, il entre au Gil Blas et y publie des nouvelles et des contes humoristiques et gaulois. Son ami Guy de Maupassant lui dédie en 1883 la nouvelle La Toux. Cette verve humoristique trouve ensuite à s’exprimer chez l’éditeur Paul Ollendorff avec la série « La Vie pour rire », concept qu’il développe ensuite aux côtés de Catulle Mendès chez Dentu, en 1888, sous la forme d’une feuille hebdomadaire.
Dans les années 1880, il appartient également à la direction littéraire de L’Écho de Paris tout comme Octave Mirbeau. Il soutient le Ubu roi d’Alfred Jarry.
Chevalier de la Légion d’Honneur le 7 juillet 1886.
Le 12 octobre 1892, il est nommé inspecteur des beaux-arts.
Vers la fin des années 1880, il se fait quelques ennemis, plus ou moins virulents, parmi ses jeunes confrères. Le plus féroce est, évidemment, Léon Bloy. En 1887, dans le Désespéré, Silvestre apparaît sous le pseudonyme d’Andoche Sylvain (ch. LVIII). Bloy, qui le dit « le plus lu » des écrivains qu’il déteste et qu’il a réunis dans ce chapitre, mesure ainsi son influence et son génie : «  Le journal où il renarde sa prose et même ses vers lui doit, paraît-il, sa prospérité et double ses tirages les jours où le nom du Coryphée rutile au sommaire. Il est, en effet, le créateur d’une chronique bicéphale dont la puissance est inouïe sur l’employé de ministère et le voyageur de commerce. Alternativement, il pète et roucoule. » Pour la prose, Bloy enfonce le clou, disant que cet écrivain « …représente, pour tout dire, l’esprit gaulois. Il se recommande sans cesse de Rabelais, dont il croit avoir le génie, et qu’il pense renouveler en ressassant les odyssées du boyau culier et du grand côlon. » Plus loin, on apprend que Silvestre vivait à Asnières, dans ce que Blois appelle un « castel ».
Alphonse Allais l’épingle lui aussi, quelquefois, sans trop d’acrimonie, avec des sous-entendus au génie si particulier que Bloy a stigmatisé. Ainsi, le 10 août 1889, dans le Chat Noir, il adresse une lettre ouverte À M. Armand Sylvestre (sic), poète lyrique et pétardophile, titre dans lequel il faut comprendre que le néologisme final est plutôt un nom qu’un adjectif, et vise la partie prosaïque de son œuvre.
Pendant l’affaire Dreyfus, il devient membre de la Ligue de la patrie française, ligue anti-dreyfusarde modérée. Il y côtoie les peintres Edgar Degas et Auguste Renoir, les poètes José-Maria de Heredia et Pierre Louÿs, le compositeur Vincent d’Indy, etc.

Oeuvres

Théâtre

  • 1876 : Dimitri (opéra) avec Henri de Bomier
  • 1879 : Monsieur ? avec Paul Burani ; Myrrha
  • 1880 : La Tempête avec Pierre Berton
  • 1882 : Coquelicot (opéra-comique) ; Galante aventure (opéra-comique) avec Louis Davyl
  • 1883 : Henry VIII (opéra) avec Léonce Détroyat
  • 1884 : Pedro de Zalamea (opéra) avec Léonce Détroyat
  • 1886 : Les Templiers (opéra) avec Jules Adenis et Lionel Bonnemère ; Le Mari d’un jour (opéra-comique) avec Adolphe d’Ennery
  • 1887 : La Tesi avec Georges Maillard
  • 1888 : Jocelyn (opéra) avec Victor Capoul ; Chassé-croisé d’amour (opéra-bouffe) avec Édouard Cavailhon ; La Femme bookmaker (opérette) avec Édouard Cavailhon
  • 1889 : Sapho
  • 1890 : Le Pilote (opéra) avec A. Gandrey
  • 1891 : Grisélidis (conte lyrique) avec Eugène Morand
  • 1893 : ; Les Drames sacrés avec Eugène Morand
  • 1894 : Izeyl avec Eugène Morand ; La Fée du rocher (ballet-pantomime) avec Francis Thomé et Jules Chéret
  • 1895 : Salomé, (pantomime lyrique) avec Meltzer ; Le Chevalier aux fleurs (ballet-pantomime)
  • 1897 : Tristan de Léonois ; Chemin de croix
  • 1899 : Messaline (drame lyrique) avec Eugène Morand
  • 1901 : Charlotte Corday
  • 1908 : Le Chevalier d’Éon (opéra-comique) avec Henri Cain