TACONET (Toussaint-Gaspard)


TACONET (Toussaint-Gaspard) 1730-1774

Dramaturge.jpg

 

Biographie

Fils d’un menuisier, qui le destinait à sa profession, Taconet s’est surtout fait remarquer par ses tours d’imitation, au collège, dont on a été obligé de le retirer avant la fin de ses études parce qu’il n’aimait pas les régents. Mis à dix-sept ans à l’atelier, où il s’ennuie, cet observateur des charlatans du Pont-Neuf s’est mis à faire des scénettes dans les cabarets.
Ayant commencé à composer des vers et des chansons, par amour pour une voisine, il s’est embaucher comme machiniste au Théâtre français. Ayant perdu cet emploi à la suite d’une maladresse commise à la suite d’un excès de boisson, son amoureuse l’a fait engager à l’Opéra-comique, dont le théâtre était alors au théâtre de la foire.
La foire finie, il a voulu enrichir le théâtre de ses productions, mais les spectacles de la foire disparus, les directeurs indemnisés, il a été obligé de retourner à la boutique de son père, bientôt à nouveau quittée pour aller travailler dans les ateliers des Menus-Plaisirs, avant de devenir souffleur à la Comédie-Française et à l’Opéra-Comique. C’était ne pas quitter le théâtre. Nicolet étant passé du théâtre de la foire au boulevard du Temple, où il faisait représenter des opéras-comiques et des pièces du répertoire de la Comédie-Italienne, il lui a offert ses services comme acteur et comme auteur, et attiré la foule à son théâtre.
Quelque dissipée qu’ait été sa vie, il n’en remplissait pas moins ses devoirs avec exactitude mais, dès qu’il était rendu à lui-même, il se livrait sans réserve aux plaisirs. il s’était même arrangé, dans la crainte qu’on ne vienne le troubler lorsqu’il était en goguette, pour qu’on ne sache jamais où il était, même où il logeait. Lorsque la maladie prématurée, qu’on ne peut attribuer qu’à son intempérance, l’a mis au lit de la mort, son directeur ignorait et cherchait les motifs de son absence. Il demandait partout à grands cris « son Taconet ». Ayant enfin appris qu’il était à la Charité, dans un état désespéré. « Sauvez mon Taconet, s’écria-t-il, en s’adressant aux frères de la charité, sauvez-le, je vous donnerai cent louis… », mais tous les secours de la faculté n’ont pu le ramener à la vie.
Il a composé environ quatre-vingts pièces de farces et comédies pour divers théâtres, dont vingt-quatre seulement ont été imprimées. Il est lui-même devenu un personnage de théâtre, dans Taconnet ou l’acteur des boulevards d’Antony Béraud et Clairville et Préville et Taconnet ou la comédie sur le boulevard de Jean-Toussaint Merle et Nicolas Brazier.

Oeuvres

Théâtre

  • 1756 : Nostradamus ; Le Labyrinthe de l’amour (opéra-comique)
  • 1757 : Ésope amoureux (opéra-comique) ; L’Ombre de Vadé (opéra-comique)
  • 1758 : Rosemonde ; La Momie ; Le Poisson d’avril
  • 1759 : Les Époux par chicane ; Cadichon et Babet
  • 1760 : La Petite Écossaise ; La Mariée de la courtille ou Arlequin Ramponeau ; Les Fous des boulevards 
  • 1761 : Le Compliment sans compliment (Prologue) ; Le Bouquet de Louison ou la sérénade de village (opéra-comique) ; Adieux de l’Opéra-Comique
  • 1762 : Le Juge d’Asnières ou le procès sans cause ; L’Impromptu du jour de l’an (opéra-comique) ; Courte et bonne
  • 1763 : Le Savetier avocat ; L’Avocat Patelin ; Le Bon ami ou le bal de Vincennes ; L’Impromptu de la foire ou les bonnes femmes mal nommées ; La Calaisienne ou le bal de Saint-Cloud ; Le Compliment de Nicette (Comédie) ; L’Anglais à la foire ; Les Rivaux heureux ou les caprices de l’amour (Comédie) ; L’École villageoise (opéra-comique)
  • 1764 : La Loterie des cocus ; Le Bourgeois petit-maître ; Le Choix imprévu
  • 1765 : Ragotin ou l’arrivée au tripot
  • 1766 : Gilles amoureux ; L’Auteur ambulant ; La Mariée de la Place Maubert ; Le Médecin universel (opéra-comique) ; Le Savetier gentilhomme ; Les Bourgeois comédiens ou la folie à la mode ; Le Niais de Sologne ; Le Savetier philosophe ou l’esprit tiré à cheveux ; Les Ahuris de Chaillot ou Gros-Jean bel esprit ; Le Petit-maître campagnard ; L’Impromptu de la Place Louis XV
  • 1767 : Les Vendanges bourgeoises ; Les Barbouilles de la foire ; La Mort du bœuf gras (Tragédie comique) ; L’Homme aux deux femmes ; Le Procès du chat ou le savetier arbitre ; Les Écosseuses de la halle (Ambigu-poissard) avec André-Charles Cailleau
  • 1768 : La Querelle des boulevards ; Le Mari prudent et la femme étourdie ; Les Mariages imprévus ; Guillot et Lisette ; Le Savetier amoureux de la belle Bourbonnaise ; La Bourbonnaise inoculée ; L’Illustre voyageur ou la paysanne savante ; Le Savetier petit-maître ; Alcidianne (ballet)
  • 1769 : L’Indiscret malgré lui ; Le Congé de semestre avec Jacques Taconet ; Le Contrat ; Les Vieillards rivaux ; Le Réverbère d’amour ; La Grippe
  • 1770 : Les Vendanges de Saint-Cloud ; Arlequin maître Gonin ; Riquet à la houpe ; La Courtisane amoureuse ; Démocrite et Héraclite ; Don Quichotte ou Arlequin belle Dulcinée ; Le Sincère ; Turlupin et Gautier-Garguille ; Le Baiser donné et le baiser rendu (opéra-comique) 
  • 1771 : Le Provençal par amour ; Tel maître, tel valet ; Les Trois frères ou le faux naufrage
  • 1772 : Arlequin en bonne fortune ; Arlequin valet de poète ; Les Étrennes vivantes ou le messager du Gâtinais
  • 1773 : L’Artésien par amour
  • 1789 : Arlequin bon valet ou la belle à l’épreuve
  • La Fête du maître (opéra-comique) ; La Foire Saint-Denis ; Les Gages touchés ou le mirliton ; L’Heureuse union ; Le Médecin consultant ; L’Île de la vérité ; La Double étourderie ; L’Impromptu de la fête du Temple ; La Femme avare et galant escroc (opéra-comique) ; Les Coliséens