Léocadia (Jean ANOUILH)

Pièce.

Fait partie des Pièces roses.

Représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre de la Michodière, le 1er décembre 1940.

 

Personnages

 

AMANDA

HECTOR

LE PRINCE

LA DUCHESSE

LE MAÎTRE D’HÔTEL

LE MARCHAND DE GLACES

LE CHAUFFEUR DE TAXI

LE PATRON D’AUBERGE

LA DAME DU VESTIAIRE

LE GARDE-CHASSE

LE MAÎTRE D’HÔTEL CHEZ LA DUCHESSE

 

Résumé

 

Léocadia raconte l’histoire improbable, mais poétique d’un jeune prince follement amoureux d’une cantatrice roumaine, Léocadia Gardi. Le jeune homme ne l’a connue que trois jours : elle est morte étranglée par son châle (on pense à Isadora Duncan). Inconsolable, il vit dans le souvenir de la jeune femme. Sa tante, la duchesse d’Andinet d’Andaine, telle un metteur en scène de théâtre, reconstitue le décor, les lieux dans lesquels son neveu a vécu. Le maître d’hôtel, les valets... doivent, comme des acteurs, interpréter le rôle qu’ils jouaient au moment des trois jours de bonheur vécus par le prince. Le temps s’est donc arrêté ! On fait appel à une petite modiste, Amanda, sosie de la cantatrice, pour le séduire, en espérant que la vie l’emportera sur le souvenir. Dans un premier temps, le jeune homme s’accroche désespérément à son rêve pour bientôt prendre conscience, au contact d’Amanda, que le souvenir de Léocadia correspond, en fait, à la peur de la « vie » dans ce qu’elle a de passager, d’éphémère, de mortel... L’angoisse de quitter un souvenir illusoire (le temps arrêté) cède bientôt à l’appel de la « vraie » vie. Le monde figé, théâtralisé imaginé par la duchesse est bientôt inopérant, il se désagrège et la comédie mensongère n’est plus possible. Le prince perd ses illusions et découvre que Léocadia n’était qu’un idéal dépourvu de toute substance, le refuge d’un adolescent gâté « élevé par des curés et des vieilles dames ». Son amour avec Amanda est un retour à la vraie vie.